La pression de Trump sur la Fed suscite des inquiétudes quant à l'indépendance de la banque centrale
Les critiques publiques et la pression exercées par le président Donald Trump sur le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, ont déclenché un débat sur l'importance de l'indépendance de la banque centrale, des experts avertissant que saper cette autonomie pourrait avoir des conséquences économiques négatives.
Les critiques publiques continues du président Donald Trump à l'encontre du président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, ont intensifié les inquiétudes concernant l'indépendance de la banque centrale américaine. Trump, qui a nommé Powell à ce poste en 2017, l'a récemment accusé d'agir trop lentement pour baisser les taux d'intérêt et a même suggéré la possibilité de le limoger — une mesure qui serait juridiquement contestable. Powell a déclaré qu'il ne démissionnerait pas si Trump lui en faisait la demande.
Les experts soulignent que, bien que des présidents précédents aient tenté d'influencer la Fed, l'approche de Trump est exceptionnellement directe et agressive. Bill English, professeur à la Yale School of Management, a déclaré : « Les présidents se sont plaints de mauvaises politiques, mais ils n'ont pas été aussi agressifs dans leurs attaques contre l'institution que l'administration Trump. »
La Réserve fédérale, créée en 1913, est chargée de gérer la politique monétaire, de fixer les taux d'intérêt et de promouvoir la stabilité des prix et de l'emploi. Son indépendance est considérée comme essentielle pour maintenir la crédibilité auprès des marchés et du public. Joseph Gagnon, ancien économiste principal de la Fed, a expliqué que les mandats échelonnés des membres du conseil et les restrictions sur la révocation présidentielle sont conçus pour protéger cette autonomie.
Les tensions récentes ont porté sur la réticence de la Fed à baisser le taux des fonds fédéraux de sa fourchette actuelle de 4,25 % à 4,5 %, la banque centrale n'ayant pas encore atteint son objectif d'inflation de 2 %. Powell a souligné une approche prudente, déclarant l'année dernière : « Nous ne devinons pas, nous ne spéculons pas et nous ne supposons pas. »
Historiquement, la pression présidentielle sur la Fed a conduit à des résultats négatifs. Michael Klein, professeur d'économie à l'université Tufts, a cité la pression exercée par le président Nixon sur le président de la Fed de l'époque, Arthur Burns, pour maintenir les taux bas avant l'élection de 1972, ce qui a contribué à une forte inflation dans les années 1970. Klein a averti que si la Fed était perçue comme dépendante du président, « ce type d'incertitude peut vraiment nuire à l'économie. »
Les experts évoquent également des exemples d'autres pays où l'influence gouvernementale sur les banques centrales a entraîné de mauvaises performances économiques. Gagnon a noté que les tentatives d'assouplir la politique monétaire pour des gains à court terme conduisent souvent à l'inflation. Bob Hetzel, ancien économiste principal à la Federal Reserve Bank de Richmond, a ajouté que même si un nouveau président était nommé pour baisser les taux de manière inappropriée, une dissidence importante au sein de la Fed suivrait probablement, sapant la confiance des marchés.
Le débat souligne l'importance de l'indépendance de la Fed pour maintenir la stabilité économique et la crédibilité, Powell et ses successeurs potentiels étant conscients de leur héritage et des risques liés à l'ingérence politique.
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