L'Égypte prête à diriger la force de stabilisation soutenue par l'ONU à Gaza
L'Égypte devrait diriger une force internationale de stabilisation à Gaza dans le cadre d'un mandat proposé par l'ONU, avec la participation de la Turquie, de l'Indonésie et de l'Azerbaïdjan.
Selon des sources diplomatiques, l'Égypte devrait diriger une force internationale de stabilisation à Gaza sous un mandat proposé par les Nations Unies. Cette force vise à superviser la sécurité dans la région après la cessation des hostilités entre Israël et le Hamas.
Les États-Unis et leurs partenaires européens prépareraient une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU pour autoriser la mission sans pour autant en faire une opération de maintien de la paix à part entière. Cette approche cherche à accorder à la force des pouvoirs étendus similaires à ceux donnés aux troupes internationales en Haïti pour lutter contre les groupes armés.
La Turquie, l'Indonésie et l'Azerbaïdjan figurent parmi les pays qui devraient contribuer avec des troupes aux côtés de l'Égypte. Bien qu'aucune troupe européenne ou britannique ne soit attendue pour une participation directe, le Royaume-Uni a déployé des conseillers dans une unité de coordination opérée par les États-Unis en Israël. Cette unité est chargée de mettre en œuvre la deuxième phase d'un plan en 20 points élaboré par le président américain Donald Trump.
Les responsables britanniques ont souligné que l'objectif à long terme reste l'établissement d'un État palestinien englobant Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est. Le Royaume-Uni forme un contingent de policiers palestiniens, mais selon la nouvelle proposition, la force internationale assumerait les principales responsabilités sécuritaires.
Les missions proposées pour cette force incluent la protection des civils, la distribution de l'aide et la sécurisation du processus de reconstruction. Cependant, l'un des aspects les plus controversés concerne le désarmement du Hamas. Les responsables britanniques s'inspirent des leçons du processus de paix en Irlande du Nord, où les armes contrôlées par l'IRA et les groupes loyalistes ont été mises hors d'usage sous supervision indépendante.
Le Royaume-Uni semble également soutenir un rôle pour l'ancien Premier ministre Tony Blair au sein d'un « conseil de la paix » nouvellement proposé, décrit dans le plan de Trump, qui superviserait le travail d'un comité de 15 technocrates palestiniens. La nomination potentielle de Blair a reçu le soutien du Premier ministre irakien Mohammed Shia Al-Sudani, qui a déclaré : « Tony Blair est une personne acceptable pour les Irakiens et un ami, ayant contribué à la décision d'aller en guerre avec le président Bush, à l'époque, et à renverser le régime de Saddam Hussein. » Il a ajouté : « (Blair) est un grand ami des Irakiens et nous rend souvent visite, et je tiens aussi des réunions avec lui. Nous lui souhaitons certainement du succès dans cette mission et nous le soutiendrons. »
La position de Blair au sein du conseil, qui sera présidé par Trump, devrait être confirmée début novembre, avant une grande conférence sur la reconstruction au Caire que l'Égypte organisera pour mobiliser les financements des donateurs et du secteur privé en faveur de la reconstruction de Gaza. Les responsables estiment que le coût de la reconstruction de Gaza dépassera 67 milliards de dollars, nécessitant des contributions des donateurs du Golfe et des investissements privés importants.
Des questions subsistent quant à la relation précise entre l'Autorité palestinienne (AP) et le conseil proposé. La ministre palestinienne des Affaires étrangères, Varsen Aghabekian, a déclaré que son gouvernement avait tiré des leçons des erreurs passées et était déterminé à réformer. Lors d'une conférence à Naples organisée par le groupe de réflexion italien IPSI, elle a indiqué que l'une des initiatives clés de l'AP était la refonte de son programme éducatif.
« Si nous développons ce programme selon les meilleurs standards mondiaux, mais que les enfants qui suivent ce programme continuent de vivre sous une occupation sévère, cela leur donnera-t-il un récit de paix ? Non, » a-t-elle affirmé. « Ce qui leur apportera un récit de paix, et qu'ils intérioriseront, c'est lorsque les enfants ne vivront plus, au quotidien, les contrôles, les humiliations, l'arrachage des arbres, les fermes incendiées et les pères tués. »
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